Les Nissas
Microcosme et macrocosme
Retour sur certains versets
1- Manger ce qui porte la mention divine
Sourate 6 ; Les Bestiaux / Al-Anam / الأنعام
Verset 119
Qu'avez-vous (وَمَا لَكُمْ Wa Mā Lakum) à ne pas manger / absorbé (أَلَّا تَأْكُلُو 'Allā Ta'kulū) ce qui est rappelé / mentionné ( مِمَّا ذُكِرَ Mimmā Dhukira) du nom d'Allah sur lui (ٱسْمُ ٱللَّهِ عَلَيْهِ Asmu Allāhi `Alayhi) ?
Alors que déjà Il vous a clarifié / fait distinguer (وَقَدْ فَصَّلَ لَكُم Wa Qad Faşşala Lakum) pour vous ce qu'Il a rendu inviolable sur vous (مَّا حَرَّمَ عَلَيْكُمْ Mā Ĥarrama `Alaykum) excepté ce qui vous a contraint (contre votre volonté) (إِلَّا مَا ٱضْطُرِرْتُمْ ʾillā mā iḍṭurirtum).
Et certes la majorité égare ۗ (وَإِنَّ كَثِيرًۭا لَّيُضِلُّونَ / Wa 'Inna Kathīrāan Layuđillūna) par leurs désirs / penchants personnels / inclinaisons par l’inconnaissance (بِأَهْوَآئِهِم بِغَيْرِ عِلْمٍ / Bi'ahwā'ihim Bighayri `Ilmin)
Certes ton Seigneur enseigne par ceux qui transgressent. (إِنَّ رَبَّكَ هُوَ أَعْلَمُ بِٱلْمُعْتَدِينَ / 'Inna Rabbaka Huwa 'A`lamu Bil-Mu`tadīna)
Verset 120
Et coupez, tranchez, quittez l’apparent (e) (وَذَرُوا۟ ظَٰهِرَ / Wa Dharū Žāhira ) la désobéissance /le péché (ٱلْإِثْمِ / al-ʾithmi) et son intérieur / son fond de courant (vallée) / les entrailles (وَبَاطِنَهُۥٓ / wa bāṭinahu).
Certes ceux qui acquièrent la désobéissance / le péché ( إِنَّ ٱلَّذِينَ يَكْسِبُونَ ٱلْإِثْمَ / 'Inna Al-Ladhīna Yaksibūna Al-'Ithma) seront rétribués par ce dont ils s’étaient rapprochés, mélangés, infectés ( سَيُجْزَوْنَ بِمَا كَانُوا۟ يَقْتَرِفُونَ / Sayujzawna Bimā Kānū Yaqtarifūna).
Verset 121
Et ne mangez pas (وَلَا تَأْكُلُوا۟ / wa lā taʾkulū) de ce qui ne rappelle pas / ne mentionne pas (مِمَّا لَمْ يُذْكَ/ Mimmā lam yudhkar) le nom d'Allah sur lui ( ٱسْمُ ٱللَّهِ عَلَيْهِ / Asmu Allāhi `Alayhi)
Et c’est assurément une corruption, perversion, séparation (وَإِنَّهُۥ لَفِسْقٌۭ / Wa 'Innahu Lafisqun).
Et certes les diables (les séparateurs, corrupteurs) (ۗ وَإِنَّ ٱلشَّيَٰطِينَ / Wa 'Inna Ash-Shayāţīna) inspirent (لَيُوحُونَ / la-yūḥūna) vers leurs premiers / proches responsables (tuteurs) (إِلَىٰٓ أَوْلِيَآئِهِمْ / ʾilā ʾawliyāʾihim) de vous convaincre par la force (jusqu’à adhésion) (لِيُجَٰدِلُوكُمْ / li-yujādilūkum).
Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs (dissociateurs de l’ordre d’Allah). (وَإِنْ أَطَعْتُمُوهُمْ إِنَّكُمْ لَمُشْرِكُونَ / Wa 'In 'Aţa`tumūhum 'Innakum Lamushrikūna)
Verset 122
Est-ce que celui qui était mort (أَوَمَن كَانَ مَيْتًۭا / 'Awaman Kāna Maytāan) alors Nous lui avons redonné la vie, le mouvement / rendu animé (فَأَحْيَيْنَٰهُ / fa-aḥyaynāhu)
et Nous avons assigné pour lui une lumière (وَجَعَلْنَا لَهُۥ نُورًۭا / Wa Ja`alnā Lahu Nūrāan), il marche / se met en mouvement par elle (la lumière) (يَمْشِى بِهِۦ / Yamshī Bihi) dans les nās (le mouvement animé) (فِى ٱلنَّاسِ / Fī An-Nāsi) est comme son pendant (كَمَن مَّثَلُهُۥ / Kaman Mathaluhu) dans les ténèbres (فِى ٱلظُّلُمَٰتِ / Fī Až-Žulumāti) sans passer par sa sortie (des ténèbres) (لَيْسَ بِخَارِجٍۢ مِّنْهَا / Laysa Bikhārijin Minhā) ?
Ainsi nous donnons parure aux occulteurs ce qu'ils étaient en œuvre. (كَذَٰلِكَ زُيِّنَ لِلْكَٰفِرِينَ مَا كَانُوا۟ يَعْمَلُونَ / Zuyyina Lilkāfirīna Mā Kānū Ya`malūna)
Analyse des versets :
Ces versets mettent l’accent sur un acte à deux composantes qui doivent être inséparables ; l’acte de manger (أَكَلَ ʾakala) dépend d’une condition explicite : son rattachement au rappel du Nom divin (ذِكر اسم الله / dhikru ismi llāhi) ) il est traité comme une fonction dont la validité est assujettie au rappel. Et le rappel (ذِكر / dhikr) n’agit pas ici comme un contenu séparé, mais comme une couverture dont la condition est nécessaire pour accomplir l’acte de manger.
Le verset ne porte donc pas sur le rappel (ذِكر / dhikr) uniquement, mais sur le manger en conjonction avec le le rappel (ذِكر / dhikr) ou autrement dit ce qu’on absorbe par la bouche en tant qu’il est ou n’est pas relié à cette mention divine,.
Ainsi, manger ne modifie pas la nature matérielle d’un aliment, mais transforme la qualité de l’acte lui-même dans sa dimension d’absorption et d’intégration et s’inscrit directement dans une chaîne de transformation intérieure de la bouche au ventre.
Le terme بَاطِنٌ (bāṭinun) (verset 6120) signifie ventre mais également l' intérieur, ou l'intérieur, de quelque chose ; synonyme جَوْفٌ (jawfun) : et aussi de دَاخِلٌ (dākhilun / intérieur) opposé à ظَهْرٌ (ẓahrun )ce qui est apparent ou extérieur. (dictionnaire Lane)
Aussi, بَطْنُ وَادٍ (baṭnu wādī) signifie L'intérieur d'un cours d'eau ou d'un lit de rivière [ou d'une vallée ; c'est-à -dire son fond, où coule, occasionnellement ou constamment, son torrent ou sa rivière. Et بَطْنُ مَكَّةَ (baṭnu makkata) signifie L'intérieur de La Mecque / le sanctuaire. (dictionnaire Lane).
Les mots ظَهْرٌ (ẓahrun) et بَاطِنٌ (bāṭinun) renvoient donc à un système d’absorption et de transformation immatériel où la bouche est l’orifice de pénétration de ce qui est apparent ظَهْرٌ (ẓahrun) et le ventre بَاطِنٌ (bāṭinun) l’intégration et transformation immatérielle de ce qui a été absorbé et la sortie (dans la vallée voir nota bene en dessous).
Plus précisément :
Le verset 6.119 établit d’abord une condition : manger doit être lié à ce qui est (ذُكِرَ dhukira) – c’est-à-dire ce qui est relié, rappelé, connecté au Nom divin. Et ensuite le verset rappelle que le ذِكْر (dhikr) a déjà clarifié et distingué فَصَّلَ Faşşala ce qui est inviolable / intouchable مَّا حَرَّمَ Mā Ĥarrama, c'est-à-dire que que les limites intransgressables sont déjà posées par le dikhr.
Le verset dit ensuite que la connexion au rappel peut être rompue sous l’effet des désirs et penchants dénués de connaissance (بِأَهْوَآئِهِم بِغَيْرِ عِلْمٍ / bi-ahwāʾihim bighayri ʿilmin), l’acte de manger devient alors un vecteur d’altération et une porte d’accès au déséquilibre et à l’égarement (لَّيُضِلُّونَ / layuḍillūna), par un processus de transgression بِٱلْمُعْتَدِينَ / bil-muʿtadīna.
Cette transgression par rapprochement (يَقْتَرِفُونَ / yaqtarifūna) sans la mention divine (dikhr) relève de la nature إِنس (ins) des êtres humains ; la racine en arabe signifie des êtres sociables, qui se familiarisent et enclins à la relation, au compagnonnage, le verset 6.120 considère la transgression par rapprochement sana la mention divine, comme un crime ou un acte de désobéissance (ٱلْإِثْمِ / al-ʾithmi). Dès lors, il est exhorté de l’abandonner, de trancher وَذَرُوا۟ Dharū avec ce qui n’est pas mentionné du Nom divin (ذُكِرَ / dhukira) qui entraînerait une corruption et une perversion progressives, affectant d’abord l’extérieur apparent (ظَٰهِرَ ẓāhir), puis l’intérieur (وَبَاطِنَهُۥٓ bāṭin) c’est-à-dire dans la dimension intérieure, profonde, cachée de l’être.
Ce même verset exhorte à trancher et à se détourner de la parure extérieure de la désobéissance ainsi que de son intériorité. Il établit, sans équivoque, le lien entre le fait de consommer sans la mention divine et ceux qui ont acquis la désobéissance, lesquels seront rétribués en fonction de ce dont ils se sont rapprochés et qui les a fait œuvrer.
En somme le verset montre que la consommation de la nourriture a un impact sur le chair et sur les œuvres, elle se mêle, s’imprègne et la nourriture sans mention divine est comme l’inoculation d’une maladie (يَقْتَرِفُونَ / yaqtarifūna) dans une dimension intime.
Le terme يَقْتَرِفُونَ Yaqtarifūna signifie dans sa forme 1ère قارف (qārāfa) se rapprocher ou devenir proche de quelque chose, peut être une chose vile ou une une bonne chose. La forme VIII du verbe يَقْتَرِفُونَ Yaqtarifūna est la forme d’une action commise ; traduit par il a perpétré mais plus précisément il a commis le rapprochement ou la relation de transgression, la relation sans mention divine. Le terme قَرَفٌ (qarafun) désigne le mélange avec d'autres et particulièrement avec d'autres personnes qui peuvent être malades ou autres , le fait d'être proche d' une personne, de personnes ou d'un lieu infecté par une maladie.
Le verset 121 renvoie littéralement, à une sortie de la voie divine, une rupture une dissociation avec le mot لَفِسْقٌۭ Lafisqun et une porte pour les inspirations du démon ٱلشَّيَٰطِينَ Ash-Shayāţīna (des influences du désordre et de dissociation) sur les processus liés a volonté d’obéir وَإِنْ أَطَعْتُمُوهُمْ Wa 'In 'Aţa`tumūhum
Le verset précise qu’ils inspirent (يُوحُونَ yūḥūna) en tentant de convaincre par la force لِيُجَٰدِلُوكُمْ (li-yujādilūkum) vers les affiliés (أَوْلِيَاء ʾawliyāʾ), c’est-à-dire les premiers proches tuteurs mais aussi le détenteur de la volonté ou de l’ordre.
Le terme لِيُجَٰدِلُوكُمْ (li-yujādilūkum), qui renvoie à l’idée de tordre une corde, de jeter au sol ou de rendre compact, mais aussi de convaincre par la force, met en évidence d’une part un combat situé au niveau de la parole, et montre que la conviction apparaît comme l’aboutissement d’un processus de torsion de la voie ou de la lettre.
La conséquence est l’association شِرْك (shirk) qui dans sa racine signifie s’associer dans la gestion d’une affaire c’est-à-dire partager la direction, la charge et la responsabilité et dans le verset signifie partager l’ordre divin avec un autre que Dieu.
Or le dernier verset rappelle que l’ordre est exclusivement divin et que c’est Dieu qui redonne vie par le ذِكْر (dhikr) à ce qui était mort (le message / la lettre) le met en mouvement, l’anime, dans la chair ou dans le ventre / dans l’intimité et qui par ce biais assigne une lumière par laquelle le mort devenu vivant est mis en marche dans les نَاس nas (gens) dont la racine rappelle la mise en mouvement.
Il n’est donc pas seulement question ici de manger une nourriture issue de la terre, mais aussi d’une nourriture d’un autre ordre, une nourriture immatérielle, intérieure, subtile, qui concerne ce que l’être absorbe au niveau de son intimité spirituelle et dans la chair immatérielle de son intimité (le batin).
Manger devient alors un acte d’intégration de la nourriture et de la parole : ce qu’on laisse entrer en soi, ce que l’on accueille, ce que l’on incorpore dans le flux d’absorption et de transformation des aliments et de la parole jusque dans la chair intérieure.
Lorsque cette absorption n’est pas reliée à la mention divine, elle produit une dissociation au cœur même de l’être.
Cette altération ouvre un passage aux inspirations provenant des forces de séparations et d’obstruction les inspirations du sheytan, qui insufflent des contenus par la force de conviction dans l’intériorité et contraignent la volonté des individus / nas.
Ces contenus ne restent pas confinés : ils circulent et s’animent dans la force de mouvement / d’animation des nas à travers leur choix et leurs œuvres.
C’est dans cette dispersion que prend forme l’association, comme résultat d’une intériorité devenue multiple, dissociée, non unifiée. Et Ce dernier n’apparaît pas ici comme un acte soudain, mais comme l’aboutissement d’un enchaînement :
manger sans rappel → altération du discernement → rupture intérieure (fisq) → ouverture aux inspirations déviées → contrainte par inspiration déviées → association à l’ordre divin → séparation, mauvais choix, mauvaises œuvres.
Nota bene ; Le terme بَاطِنٌ (bāṭinun) (verset 6120) signifie ventre mais également l'intérieur, ou l'intérieur de quelque chose ; synonyme جَوْفٌ (jawfun) : et aussi de دَاخِلٌ (dākhilun / intérieur)opposé à ظَهْرٌ (ẓahrun)ce qui est apparent ou extérieur. (dictionnaire Lane)
Ainsi, بَطْنُ وَادٍ (baṭnu wādī) signifie L'intérieur d'un cours d'eau ou d'un lit de rivière [ou d'une vallée ; c'est-à -dire son fond, où coule, occasionnellement ou constamment, son torrent ou sa rivière. Et بَطْنُ مَكَّةَ (baṭnu makkata) signifie L'intérieur de La Mecque / du sanctuaire. (dictionnaire Lane).
Or si la nourriture est considérée comme matérielle alors le ventre devient le tube digestif et la sortie du ventre, entrailles / batin (intérieur) les excréments.
Le terme بَاطِنٌ (bāṭinun) signifie donc aussi le fond de la vallée et dans le verset 4.43, on retrouve la vallée boueuse en contrebas ٱلْغَآئِطِ / al-ghāʾiṭi qui a été traduit par je cite ;
وَإِن كُنتُم مَّرْضَىٰٓ wa in kuntum marḍā
أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ aw ʿalā safarin
أَوْ جَآءَ أَحَدٌ مِّنكُم مِّنَ ٱلْغَآئِطِ aw jāʾa ʾaḥadun minkum mina al-ghāʾiṭi
أَوْ لَٰمَسْتُمُ ٱلنِّسَآءَ aw lāmastumu an-nisāʾ
Traduit par :
« quand vous êtes en état d'impureté [pollués] »
« ou en voyage »
« ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins »
« ou si vous avez touché aux nissas »
Le terme ٱلْغَآئِطِ al-ghāʾiṭi dans le Dictionnaire Lane :
Ce terme désigne la boue ou une vaste étendue de terre en contrebas, mais pas très en contrebas, et dans certains cas bordée de pentes ; parfois une lieue (فَرْسَخ farsakh) en étendue, et comprenant des prairies ; et غَاطٌ (ghāṭ) et غَوْطٌ (ghawṭ) signifient la même chose, s'applique également à une vallée : le pluriel est أَغْوَاطٌ (aghwāṭ), et غِيطَانٌ (ghīṭān), pluriel de ces deux singuliers, et غُوطٌ (ghūṭ) et غِيَاطٌ (ghiyāṭ).
Par conséquent, un lieu où l'on satisfait un besoin naturel ; la coutume étant de le faire dans un endroit isolé où l'on est caché. Dans le قُرْآن (qurʾān) il est écrit غَيْط (ghayṭ) selon une lecture, dont la forme originale peut être غَيْوِط (ghaywiṭ), puis غَيِّط (ghayyiṭ), puis غَيْط (ghayṭ).
Vous dites : أَتَى الغَائِطَ (atā al-ghāʾiṭ) et ضَرَبَ الغَائِطَ (ḍaraba al-ghāʾiṭ) Il a satisfait un besoin de la nature.
Et donc, excréments humains, ou ordures : parce qu'ils avaient l'habitude de les jeter dans un غائط (ghāʾiṭ), ou parce qu'ils avaient l'habitude d'y aller pour satisfaire un besoin naturel. (dictionnaire Lane)
Le dictionnaire Lane explicite pleinement le mot ٱلْغَآئِطِ al-ghāʾiṭi qui à l’origine désignait la boue ou une vaste étendue de terre en contrebas ou une vallée, puis a été transformé en lieu pour faire ses besoins.
Or la vallée en contrebas dans les terres inférieures qui charrient l’écume (se mélange) ou la boue qui est un mélange de terre et d’eau est à mettre en lien avec :
- d'une part ; le terme (يَقْتَرِفُونَ / yaqtarifūna) le rapprochement
- et d'autre part ; le طِين (ṭīn) argile / terre humide / boue
Sourate 23 verset 12
وَلَقَدْ خَلَقْنَا ٱلْإِنسَٰنَ مِن سُلَٰلَةٍ مِّن طِينٍ
Wa laqad khalaqnā al-insāna min sulālatin min ṭīn
“Nous avons certes créé l’être humain d’une essence extraite d’argile, terre humide, boue (ṭīn)”
Dans ce verset il est question du façonnage de ٱلْإِنسَٰنَ al-insāna (être humain) signifie celui qui se familiarise, est accompagné, devient compagnonable.
Le ٱلْإِنسَٰنَ al-insāna désigne dans le dictionnaire Lane des êtres sociables, qui se familiarisent et enclins à la relation, au rapprochement, au compagnonnage,.
La vallée de terre humide ٱلْغَآئِطِ al-ghāʾiṭi est donc la terre qui charrie l’écume (se mélange) formant une boue طِينٍ / tin ou une une étendue de terre en contrebas, autrement dit le lieu à partir duquel est façonné خَلَقْنَا / khalaq le ٱلْإِنسَٰنَ insan dans son entourage ou son compagnonnage, son rapprochement (صَاحِب (ṣāḥib) ou le proche قَرِيب (qarīb), c’est-à-dire le lieu caché de la transformation intérieure, le ventre ou les entrailles (وَبَاطِنَهُۥٓ bāṭin) de l’être humain et sa dimension inférieure, intérieure cachée où se mèle les influences proches.
En aparté ; petite précision sur Le verset 4.43 ;
وَإِن كُنتُم مَّرْضَىٰٓ wa in kuntum marḍā / si vous êtes malades du cœur /mélangés avec la transgression / vous avez commis la transgression
أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ aw ʿalā safarin / ou sur le début du dévoilement / à l’aube
أَوْ جَآءَ أَحَدٌ مِّنكُم مِّنَ ٱلْغَآئِطِ aw jāʾa ʾaḥadun minkum mina al-ghāʾiṭi / ou qu’est venu L'UNITE (une monade) depuis vous ou depuis la boue inférieure, des entrailles, autrement dit de ٱلْإِنسَٰنَ al-insāna / l’état de l’être humain qui se familiarise avec le compagnon autrement dit par les sens profanes qui se familiarisent à leur extérieur.
أَوْ لَٰمَسْتُمُ ٱلنِّسَآءَ aw lāmastumu an-nisāʾ ; ou si vous avez tenté de toucher ou de connaître, toucher les nissa de l’extérieur de la peau par les sens profanes (apparent)
Le terme لَامَسَهُ↓ (lāmasahu) dans le dictionnaire Lane :
Le terme لَامَسَهُ↓ (lāmasahu) est synonyme deلَمَسَهُ (lamasahu), ouمَاسَّهُ (māssahu) (Dictionnaire Lane)
Les deux signifient la perception par le biais de l'extérieur de la peau externe ou ils sont presque semblables : généralement, comme les mots anglais « feeling » et « touching », respectivement :] ou le premier est, à l'origine, [le toucher] avec la main dans le but de connaître la sensation (مَسّ) d'une chose : ou, avec la main, c'est la recherche [ou le ressenti] d'une chose ici et là
Ou bien il convient de faire une distinction entre eux ; car il est dit queلَمْسٌ (lamsun) est parfois le sentiment, ou le fait de toucher une chose avec une autre chose ; et est parfois [pour] la connaissance d'une chose, même s'il n'y a pas de contact (مَسّ) de substance sur substance.
Au sujet du toucher : Verset 2.275
ٱلَّذِينَ يَأْكُلُونَ ٱلرِّبَوٰا۟ لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ ٱلَّذِى يَتَخَبَّطُهُ ٱلشَّيْطَٰنُ مِنَ ٱلْمَسِّ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوٓا۟ إِنَّمَا ٱلْبَيْعُ مِثْلُ ٱلرِّبَوٰا۟ وَأَحَلَّ ٱللَّهُ ٱلْبَيْعَ وَحَرَّمَ ٱلرِّبَوٰا۟ فَمَن جَآءَهُۥ مَوْعِظَةٌ مِّن رَّبِّهِۦ فَٱنتَهَىٰ فَلَهُۥ مَا سَلَفَ وَأَمْرُهُۥٓ إِلَى ٱللَّهِ وَمَنْ عَادَ فَأُو۟لَٰٓئِكَ أَصْحَٰبُ ٱلنَّارِ هُمْ فِيهَا خَٰلِدُونَ
Al-Ladhīna Ya'kulūna Ar-Ribā Lā Yaqūmūna 'Illā Kamā Yaqūmu Al-Ladhī Yatakhabbaţuhu Ash-Shayţānu Mina Al-Massi
Dhālika Bi'annahum Qālū 'Innamā Al-Bay`u Mithlu Ar-Ribā
Wa 'Aĥalla Allāhu Al-Bay`a Wa Ĥarrama Ar-Ribā
Faman Jā'ahu Maw`ižatun Min Rabbihi Fāntahá Falahu Mā Salafa Wa 'Amruhu 'Ilá Allāhi Wa Man `Āda Fa'ūlā'ika 'Aşĥābu An-Nāri Hum Fīhā Khālidūna
Traduction :
Ceux qui Mangent, consomment la culture des essences (ce qu’ils cultivent) ne se redressent pas
excepté comme s’établit celui que le sheytan / le séparateur frappe violemment en provenance du contact, du toucher
Ceci par la direction de ceux qui ont dit certainement le transfert de dons, qualités (en essence) est comme la culture des qualités, dons.
Et Allah a rendu accessible le transfert de qualités (en essence) Et a rendu intouchable / inaccessible la culture des dons (en essence) .
alors, celui à qui Lui est venue une exhortation de son Seigneur Alors qu’il cesse
alors il a ce que a déjà été acquis et son ordre vers Allah
et celui qui y retourne alors ceux‑là seront les accompagnateurs du Feu
ils sont dans elle (le feu) une demeure éternelle
Le mot "intouchable" dans le sens suivant du dictionnaire français :
1. Qui ne peut être touché.
2. Que l'on ne peut jamais joindre, contacter, inaccessible.
Analyse du verset (voir ici pour le détail )
Dans ce verset le mot ٱلْمَسِّ (al‑mass) est bien traduit par « le toucher » ou « contact ».
Le terme ٱلرِّبَوٰا۟ (ar‑ribā) (voir ici pour plus de détails) est expliqué dans le verset 30,39 : «Et ce que vous avez manifesté provenant de la culture (ce que vous avez cultivé des essences) pour cultiver, accroître dans les possessions de biens et qualités des gens alors vous ne le cultivez pas auprès d’Allah et ce que vous avez manifesté Provenant de la culture (ce que vous avez cultivé des essences) en purification cherchant la face d’Allah alors ce sont ceux-là Ceux qui multiplient les œuvres justes. »
Le terme ٱلرِّبَوٰا۟ (ar‑ribā) signifie manger/ consommer ce que vous avez cultivé (en essence) dans les possessions de biens, les propriétés, les qualités des gens, autrement dit consumer ce qui a été cultivé dans la mesure des biens humains, se nourrir en cultivant des qualités en essence dans la mesure humaine.
Le verset montre bien l’opposition entre ٱلرِّبَوٰا۟ (ar‑ribā) la زَكَاةٌ (zakātun), qui signifie la culture des possessions des dons, de biens, des jouissances, des qualités auprès de Dieu c'est-à-dire ; cultiver les dons en essence dans la mesure divine autrement dit ٱلرِّبَوٰا۟ (ar‑ribā) serait de cultiver les possessions, les dons dans la mesure humaine et la زَكَاةٌ (zakātun) cultiver dans La mesure divine.
Le terme بَيْعٌ (bayʿun) vient de la racine ب ي ع (b‑y‑ʿ), qui signifie vendre, échanger, transférer la propriété d’une chose contre une autre. Dans le dictionnaire Lane, il est précisé que le sens originel implique le passage ou la commutation d’une possession d’un sujet à un autre, avec un effet de transfert ou de mise en relation. Dans ce sens, بَيْعٌ (bayʿun) n’est pas un contrat ou une transaction matérielle, mais une opération de commutation ou d’échange effectif de possession de bien ou de qualité ou de jouissance auprès d’Allah.
Dans ce contexte, le terme بَيْعٌ (bayʿun) ne correspond pas à une transaction matérielle, mais on peut donc le comprendre comme le transfert d’un état, d’un potentiel ou d’une qualité d’un plan ou d’un support à un autre. Et désignant une opération spirituelle : commutation, transfert ou échange de la صَدَقَاتٌ (ṣadaqātun, sadaqat) le don authentique, la vérité, vers une jouissance, une essence, une personne (identité ou vertu) donnée par les nissas versets 4,4 et 33,53.
Le verset 2.275 explique que ceux qui consomment le profit, la récolte, la compensation, la croissance autrement dit qui consomment ce qu’ils cultivent en essence dans la mesure humaine alors c’est comme une frappe du شَيْطَانٌ (shayṭānun) qui met dans un état de désordre et de confusion à l’occasion du toucher, de l’échange de substance et une inoculation ou un mélange avec le شَيْطَانٌ (shayṭānun) / le séparateur (celui qui met le désordre et la confusion).
Donc le riba ٱلرِّبَوٰا۟ (ar‑ribā) serait de consommer les dons octroyés par Dieu c'est-à-dire des qualités, des essences ou des états (donnés par les nissas verset 4.4) en les cultivant dans la mesure humaine et non dans des critères divins, et ce serait comme la frappe du شَيْطَانٌ (shayṭānun) à l’occasion du toucher, c’est‑à‑dire au moment du mélange de substance qui entraînerait donc l’état de جُنُبٌ (junubun) des nissas (verset 4,43) au moment du transfert de dons ou des qualités octroyées par Dieu.
Suite du verset 2.275 :
"Ceci par la direction de ceux qui ont dit certainement le transfert de possession de qualités, de dons est comme la culture (en essence) des dons.
Et Allah a rendu accessible le transfert de possession des dons en essence Et a rendu intouchable / inaccessible la culture en essence des possessions de qualités / dons.
alors, celui à qui Lui est venue une exhortation de son Seigneur Alors qu’il cesse
alors il a ce qui a déjà été acquis et son ordre vers Allah
et celui qui y retourne alors ceux‑là seront les accompagnateurs du Feu
ils sont dans elle (le feu) une demeure éternelle
Donc dans ce système le transfert des dons reste accessible, il est opéré par les nissas sous permission divine, et l’humain n’y intervient pas et ce qui est inaccessible à l’humain n’est pas le transfert de dons en soi, mais la capacité de faire croître un don dans la mesure divine,.
Autrement dit la culture d’un don dans la mesure divine n’est pas une opération humaine. Elle n’est pas produite par l’effort humain, ni par la volonté humaine, ni par la technique humaine.
L’humain ne peut donc pas déclencher cette croissance, contrôler cette croissance, mesurer cette croissance, orienter cette croissance et produire cette croissance.
La maturation de ces dons est exclusivement divine et dépend entièrement de l’action d’Allah, elle dépendrait exclusivement de Sa mesure divine, Sa direction divine, Sa reconnaissance divine, Sa mise en œuvre et Sa méthode divine.
Certainement parce que La mesure humaine est accessible, manipulable, évaluable et mesurable par les humains mais La mesure divine est inaccessible, non manipulable, non mesurable par les humains et donc non cultivable par les humains et uniquement opérée par Dieu.
La mesure humaine, elle, peut être manipulée, évaluée et cultivée par les humains (et c’est le riba), tandis que la mesure divine échappe à toute intervention humaine et n’est opérée que par Dieu (et c’est la zakat).
Conclusion des versets 6.119 à 6.122
L’ensemble de ces versets 6.119 à 6.122 semble décrire un processus intérieur de transformation de l’être bien plus qu’un simple cadre légal ou matériel lié à l’alimentation physique. Le manger (أَكَلَ / ʾakala) apparaît comme un acte d’absorption profonde de ce qui entre dans l’intimité de l’être, dans sa chair intérieure, son بَاطِن (bāṭin), c’est-à-dire ses entrailles invisibles, le lieu où ce qui est absorbé devient soit lumière, soit corruption.
La distinction entre ظَاهِر (ẓāhir) et بَاطِن (bāṭin) révèle alors deux niveaux du vivant : l’extérieur apparent et l’intérieur caché où s’opèrent les transformations réelles. Le bāṭin n’est pas seulement un « intérieur » abstrait ; il est décrit comme le ventre, le fond d’une vallée, le lit où circulent les flux, les mélanges et les écoulements. Cette image du fond de vallée devient particulièrement importante lorsqu’elle est rapprochée du terme ٱلْغَآئِطِ (al-ghāʾiṭ), qui désignait originellement une terre basse, boueuse, cachée, où se déposent les écoulements et où l’on se retire hors du regard, un lieu caché.
Dans cette perspective, la vallée en contrebas pourrait symboliser les profondeurs inférieures de l’être humain : le lieu intérieur où les flux absorbés se mélangent, se déposent et se transforment. Comme la boue (طِين / ṭīn), mélange d’eau et de terre, elle représente un état intermédiaire de mélange, de transformation et de façonnage. C’est précisément de cette boue que le Qurʾān dit que l’insān est façonné.
Ainsi, le ghāʾiṭ pourrait être compris comme l’image du bas intérieur de l’être, de ses entrailles profondes, de sa dimension inférieure autrement dit la partie humaine qui pourrait être l'état insan.
Cela éclaire aussi le lien entre consommation sans rappel / dhikr et corruption intérieure. Ce qui entre dans la bouche aliments ou influences sans être relié au Nom divin descendent dans cette « vallée intérieure » du batin ou et s’y mélange comme une boue psychique ou spirituelle. Les inspirations déviées, les désirs sans science et les influences des shayāṭīn, des séparateurs et dissociateurs de l'ordre divin deviennent alors des éléments qui s’accumulent dans cette profondeur cachée de l’être jusqu’à modeler ses œuvres, ses choix et sa perception.
Le verset 4:43 prend alors une dimension symbolique :
Le ahad (une monade) "venue du ghāʾiṭ" peut être compris comme un retour de la monade depuis cette profondeur basse et cachée de l’être, depuis la vallée intérieure. De même, le fait de « toucher les nissāʾ » par l’extérieur des sens évoque une tentative d’approcher les réalités profondes uniquement par la surface apparente, sans passer par la purification intérieure.
Et alors le véritable enjeu des versets devient la protection de cette intériorité profonde, car c’est dans cette « vallée » invisible que se construit ou se corrompt l’être insan.
2 Des monades à la lettre qui s’est faite chair, qui s'incarne, qui prend vie ou s'anime.
A Les monades :
Dans les traditions philosophiques antiques la monade (du grec μονάς — monás, « unité ») désigne le principe premier, l’unité fondamentale et indivisible à l’origine de toute réalité ; comparé à l’atome ou la plus petite particule physique indivisible.
La monade représente l’unité première, le principe originel non divisé, la source à partir de laquelle toute manifestation devient possible. Chez les philosophes antiques, particulièrement chez les pythagoriciens et dans certains courants néoplatoniciens, la monade peut être le chiffre mais aussi le principe même de l’unité, l’origine de l’ordre, de la mesure et de la cohérence du réel. Elle contient potentiellement toutes les formes sans encore les différencier. La monade est ainsi pensée comme totalité implicite, centre silencieux précédant toute polarité.
De la monade émerge la dyade (2 unités). La dyade introduit la distinction, la polarisation, l’altérité. Là où la monade est unité indivise, la dyade ouvre le champ de la relation : lumière et obscurité, intérieur et extérieur, mouvement et repos, sujet et objet. La dyade est le commencement de la tension créatrice. Elle rend possible l’expérience de la séparation, mais également celle de l’attraction et de la complémentarité. Dans les doctrines anciennes, elle est parfois vue comme le principe de multiplicité et d’instabilité, car toute dualité implique une dynamique de déséquilibre cherchant une résolution.
La triade (3 unités) apparaît alors comme principe de médiation et d’harmonisation. Elle résout la tension de la dyade en introduisant un troisième terme qui relie les opposés sans les annuler. La triade structure le mouvement du devenir : commencement, milieu, accomplissement ; naissance, vie, mort ; thèse, antithèse, synthèse. Elle représente la stabilité dynamique, l’intelligence organisatrice capable de transformer le conflit binaire en ordre vivant. Dans de nombreuses traditions symboliques, la triade devient l’expression de la complétude active, de la circulation entre les pôles et du retour à l’unité consciente.
La tétrade (4 unités), ou tetrade, manifeste ensuite l’ordre déployé dans la structure du monde. Avec elle apparaissent les fondations, les directions, les éléments, les dimensions de l’espace manifesté. Les pythagoriciens voyaient dans la tetrade une perfection structurelle : quatre points suffisent pour établir un volume, une base stable, une organisation du cosmos. La tetractys, figure sacrée formée des quatre premiers nombres, symbolisait l’émergence graduelle de la multiplicité à partir de l’unité :
1 — la monade,
2 — la dyade,
3 — la triade,
4 — la tetrade.
Cette progression n’était pas seulement mathématique mais métaphysique. La monade contient le potentiel, la dyade crée la distinction, la triade engendre la relation harmonique, et la tetrade établit le monde ordonné et manifesté. Ensemble, elles décrivent une architecture du réel où l’unité se déploie sans jamais cesser d’être présente au cœur de la multiplicité.
Dans le vivant, cette dynamique rappelle le processus de division cellulaire : une cellule devient deux, puis se multiplie jusqu'à donner des systèmes vivants complexes de cellules qui communiquent et s'harmonisent. Dès que plusieurs éléments interagissent, un nouvel ordre émerge, plus complexe que le niveau précédent.
Dans le développement biologique, cela peut évoquer l’apparition de systèmes de régulation, de synchronisation et d’échanges permettant à l’organisme de croître sans perdre son unité interne.
Le développement produit des architectures organisées : axes, tissus, orientations spatiales, systèmes complémentaires.
La tetrade représente l’établissement d’un ordre durable dans l’espace et dans la forme. Ce qui n’était qu’un potentiel unifié dans la monade devient progressivement un organisme structuré, différencié et cohérent. Ainsi, la progression de la monade vers la dyade, la triade et la tetrade peut être comprise comme une représentation symbolique du déploiement du vivant lui-même.
Aujourd’hui on peut représenter la notion de monade à travers l’idée de fractale, dans le sens où chaque partie reflète ou contient la structure du tout. Cette analogie permet de rendre plus intelligible une intuition ancienne : l’unité originelle ne disparaît pas lorsqu’elle se déploie dans la multiplicité ; elle demeure présente dans chacune de ses manifestations.
De même, dans de nombreux systèmes naturels ; arbres, réseaux vasculaires, ramifications pulmonaires, systèmes neuronaux ; les formes semblent se reproduire selon des motifs récurrents à différentes échelles, rappelant une logique fractale d’auto-similarité.
Cette idée rejoint certains aspects de la monade philosophique, où chaque monade reflète l’univers entier selon son propre point de vue. La monade n’est donc pas une simple particule isolée ; elle est un centre contenant implicitement l’ordre global. On peut aussi introduire dans les monades les unités de lettre des racines arabes, racine double, trilitère et quadrilitère.
Dans cette perspective, la monade peut être comprise comme une unité porteuse du tout, non pas parce qu’elle contiendrait matériellement l’ensemble, mais parce qu’elle en exprime la structure fondamentale. La multiplicité ne serait alors pas une fragmentation absolue de l’unité, mais une répétition différenciée d’un même principe organisateur.
B Les nissas
On retrouve :
1 — la monade,
2 — la dyade,
3 — la triade,
4 — la tetrade.
Dans le verset 4.3 ;
Le dictionnaire Lane traduit ce verset de la façon suivante ; je cite (voir ici)
Il est dit dans le Coran [4. 3],
فَٱنْكِحُوا مَا طَابَ لَكُمْ مِنَ النِّسَآءِ مَثْنَى وَثُلَاثَ وَرُبَاعَ
fa-ankihu mā ṭāba lakum mina al-nisā’i mathnā wa-thulātha wa-rubāʿ
Traduction littérale selon le dictionnaire :
« Alors, unissez ce qui vous plaît parmi les « femmes », par deux, par trois et par quatre »
– Alors unissez celles qui vous plaisent, des femmes, deux et deux, et trois et trois, et quatre et quatre
(Dictionnaire Lane)
La formule « par 2 et par 3 et par 4 » révèle la notion d’ensemble et non d’unité mais d’un élément pris par groupe de 2 et par groupe de 3 et par groupe de 4 autrement dit une unité de plus en plus complexe, cette formule peut-être comprise comme une dyade / par deux ; une triade / par 3, une tétrade / par 4 ; qui correspondrait aux monades et en même temps une loi de structuration progressive du réel, où l’unité originelle ne disparaît pas mais s’organise en ensembles de complexité croissante. Chaque passage vers un nombre supérieur ne représente pas simplement une addition quantitative, mais l’émergence d’un nouveau niveau d’organisation, de relation et de cohérence.
Le groupe de deux ou la dyade inaugure la relation. L’unité cesse d’être seule et devient polarité. Deux éléments permettent l’échange, la tension, l’attraction, la répulsion, le miroir et la complémentarité. Le deux introduit la dynamique fondamentale du vivant : intérieur et extérieur, émission et réception, expansion et contraction. À ce stade, la structure reste simple mais devient capable d’interaction. La dyade est donc le premier niveau de complexité active.
Le groupe de trois ou la triade introduit un changement profond. Avec trois éléments, il ne s’agit plus seulement d’opposition ou de complémentarité, mais de circulation et de stabilisation relationnelle. Beaucoup de structures du vivant et de la pensée reposent sur cette logique ternaire : naissance, développement, accomplissement ; passé, présent, futur ; source, transmission, réception. Le trois produit une structure capable de se maintenir et de s’autoréguler.
Le groupe de quatre / la tétrade marque ensuite l’apparition d’une organisation spatiale stable. Avec quatre points, une structure peut se déployer dans plusieurs directions et établir une base. Le quatre introduit la notion d’architecture : les orientations, les fondations, les systèmes organisés. Dans le vivant, cela évoque l’apparition de structures coordonnées capables de soutenir une complexité durable. Le quatre n’est plus seulement relationnel ; il devient constructif et systémique.
On pourrait donc faire l’analogie entre les nissas et les monades dans le principe d’une structure invisible de plus en plus complexe.
C ; La matrice
On retrouve dans les monades une logique de croissance où l’unité première se multiplie sans perdre le principe qui l’a engendrée. À partir d’un centre initial, la croissance se fait par réplication organisée. Chaque nouvelle unité porte la mémoire structurelle de l’origine et participe à l’édification d’un corps plus vaste qu’elle-même. Le développement de l’être devient alors un processus de propagation ordonnée du principe premier. Ce qui était contenu implicitement dans l’unité initiale se manifeste progressivement dans des formes visibles, coordonnées et hiérarchisées.
L’utérus peut également être compris comme une image concrète de cette matrice organisatrice. À partir d’une cellule première invisible à l’œil nu, un être entier se construit selon une orchestration extraordinairement précise. Les divisions cellulaires ne sont pas aléatoires : elles suivent des rythmes, des axes, des différenciations et des communications qui révèlent l’existence d’un ordre sous-jacent. Le visible émerge ainsi d’un système directeur qui, bien qu’invisible dans son principe, se manifeste dans chaque étape de la formation du vivant.
La monade représente un centre de génération capable de porter en lui le modèle d’un monde entier. La croissance de l’être n’est pas une juxtaposition de fragments indépendants, mais l’expansion progressive d’une structure intérieure unique.
La terre aussi dans le Coran est à comprendre comme une matrice, un lieu d'accueil qui fait grandir la semence, elle est liée au nafs (âme).
Les versets qui illustrent le mieux ce propos sont ;
- le verset 22.5 :
Traduction à partir du Lexique Lane :
يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ Yā 'Ayyuhā An-Nāsu / Ô vous, êtres animés en mouvement !
إِن كُنتُمْ فِى رَيْبٍۢ مِّنَ ٱلْبَعْثِ 'In Kuntum Fī Raybin Mina Al-Ba`thi / Si vous êtes dans le doute à propos de la libération, déliement, résurrection,
, فَإِنَّا خَلَقْنَٰكُم مِّن تُرَابٍۢ Fa'innā Khalaqnākum Min Turābin / Alors certes Nous vous avons façonnés à partir d’un attachement à la terre
ثُمَّ مِن نُّطْفَةٍۢ Thumma Min Nuţfatin / Puis à partir d’une semence
ثُمَّ مِنْ عَلَقَةٍۢ Thumma Min `Alaqatin / puis à partir d’un lien suspendu, de dépendance
ثُمَّ مِن مُّضْغَةٍۢ مُّخَلَّقَةٍۢ وَغَيْرِ مُخَلَّقَةٍۢ Thumma Min Muđghatin Mukhallaqatin Wa Ghayri Mukhallaqatin / puis d’une masse malléable, (une bouchée de parole) formée et non formée,
لِّنُبَيِّنَ لَكُمْ Linubayyina Lakum / afin que Nous clarifions / nous rendons manifeste pour vous
وَنُقِرُّ فِى ٱلْأَرْحَامِ مَا نَشَآءُ إِلَىٰٓ أَجَلٍۢ مُّسَمًّۭى Wa Nuqirru Fī Al-'Arĥāmi Mā Nashā'u 'Ilá 'Ajalin Musammáan / et Nous stabilisons / faisons demeurer dans les matrices ce que Nous voulons, vers un confinement / un terme fixé nommément élevé, désigné
ثُمَّ نُخْرِجُكُمْ طِفْلًۭا Thumma Nukhrijukum Ţiflāan / Puis Nous vous faisons sortir à l’état de l'âge tendre, douceur, tendresse (l'enfant)
ثُمَّ لِتَبْلُغُوٓا۟ أَشُدَّكُمْ ۖThumma Litablughū 'Ashuddakum / Puis afin que vous atteigniez votre pleine force, vigueur, maturité
وَمِنكُم مَّن يُتَوَفَّىٰ Wa Minkum Man Yutawaffá / Et Issu de vous, celui qui accomplit, remplit son engagement / paie son dû
وَمِنكُم مَّن يُرَدُّ إِلَىٰٓ أَرْذَلِ ٱلْعُمُرِ Wa Minkum Man Yuraddu 'Ilá 'Ardhali Al-`Umuri / Et issu de vous celui qui Est ramené, retourné, détourné Vers une demeure, habitat (état) vile, basse, dégradée
لِكَيْلَا يَعْلَمَ مِنۢ بَعْدِ عِلْمٍۢ شَيْـًۭٔا ۚLikaylā Ya`lama Min Ba`di `Ilmin Shay'āan / afin qu’ils ne sachent pas l’issue du devenir de la connaissance d’une chose
وَتَرَى ٱلْأَرْضَ هَامِدَةًۭ Wa Tará Al-'Arđa Hāmidatan / Et tu vois la terre inerte, desséchée
فَإِذَآ أَنزَلْنَا عَلَيْهَا ٱلْمَآءَ ٱهْتَزَّتْ وَرَبَتْ Fa'idhā 'Anzalnā `Alayhā Al-Mā'a Ahtazzat Wa Rabat / Alors lorsque Nous y faisons descendre l’eau, elle vibre, se dilate, se secoue et s’est dilatée / gonflée
وَأَنۢبَتَتْ مِن كُلِّ زَوْجٍۭ بَهِيجٍۢ Wa 'Anbatat Min Kulli Zawjin Bahījin / et a fait croître issu de chaque paire / couple, le (esprit) bon, joyeux rayonnant.
Analyse du verset :
Dans ce verset, la création est décrite comme un enchaînement d’attachements successifs qui ne renvoient pas à une grossesse, mais à la formation d’un être spirituel et aux demeures symbolisées par la terre.
Le processus commence par l’attachement à la terre, مِن تُرَابٍ min turābin, première base où l’être est façonné.
Vient ensuite la semence, مِن نُّطْفَةٍ min nuṭfatin, qui représente le dépôt initial. Puis apparaît l’attachement suspendu, مِنْ عَلَقَةٍ min ʿalaqatin, lien céleste qui relie l’être à une dépendance supérieure.
De cet attachement naît une bouchée de parole, مِن مُّضْغَةٍ مُّخَلَّقَةٍ وَغَيْرِ مُخَلَّقَةٍ min muḍghatin mukhallaqatin wa ghayri mukhallaqatin, une masse malléable qui contient le formé et le non formé, comme une portion du kitāb en cours de structuration.
Le verset montre que la création se fait à partir d’un attachement, et que de cet attachement naissent le formé et le non formé ; il précise que le processus crée d’abord un être puis qu’il existe un temps de maturation où ce qui est déposé se développe selon une mesure.
La parole est ensuite rendue clarifiée, لِّنُبَيِّنَ لَكُمْ linubayyina lakum, afin que le processus soit manifesté.
Ce qui doit demeurer est stabilisé dans les matrices, وَنُقِرُّ فِى ٱلْأَرْحَامِ مَا نَشَآءُ wa nuqirru fī al‑arḥāmi mā nashāʾu, jusqu’à un terme nommé, إِلَىٰٓ أَجَلٍ مُّسَمًّى ilā ajalin musammā, montrant que la maturation spirituelle est régulée par le divin.
La sortie hors de la matrice se fait à l’état tendre, ثُمَّ نُخْرِجُكُمْ طِفْلًا thumma nukhrijukum ṭiflan, comme un enfant, un être encore jeune dans son développement. Suit l’attente de la pleine maturité, ثُمَّ لِتَبْلُغُوا أَشُدَّكُمْ thumma litablughū ashuddakum, où l’être atteint sa pleine vigueur. À l’issue de ce développement, il y a celui qui paie son dû, وَمِنكُم مَّن يُتَوَفَّىٰ wa minkum man yutawaffā, le formé, et celui qui est ramené vers une demeure vile, وَمِنكُم مَّن يُرَدُّ إِلَىٰٓ أَرْذَلِ ٱلْعُمُرِ wa minkum man yuraddu ilā ardhali al‑ʿumuri, état d’ignorance où la connaissance ne produit plus son fruit.
Cette demeure vile est symbolisée par une terre desséchée, وَتَرَى ٱلْأَرْضَ هَامِدَةً wa tarā al‑arḍa hāmidatan, qui semble inerte. Mais lorsque l’eau descend, فَإِذَا أَنزَلْنَا عَلَيْهَا ٱلْمَاءَ fa‑idhā anzalnā ʿalayhā al‑māʾa, la terre se met à vibrer, اهْتَزَّتْ ahtazzat, à se dilater, رَبَتْ rabat, et fait croître de chaque paire un couple joyeux rayonnant, وَأَنبَتَتْ مِن كُلِّ زَوْجٍۭ بَهِيجٍ wa anbatat min kulli zawjin bahījin, comme une seconde vie.
Ainsi, le verset décrit la création d’un être spirituel, ses attachements, ses maturations, ses demeures successives, et la manière dont la parole, déposée comme une bouchée de parole, devient un kitāb vivant qui s’épanouit jusqu’au double rayonnant.
- Et le verset 13,8 :
Sourate AR-RAAD / LE TONNERRE Verset 8
Version arabe classique du verset 8 de la sourate 13 :
ٱللَّهُ يَعْلَمُ مَا تَحْمِلُ كُلُّ أُنثَىٰ وَمَا تَغِيضُ ٱلْأَرْحَامُ وَمَا تَزْدَادُ وَكُلُّ شَىْءٍ عِندَهُۥ بِمِقْدَارٍ
Phonétique
Allāhu Ya`lamu Mā Taĥmilu Kullu 'Unthá Wa Mā Taghīđu Al-'Arĥāmu Wa Mā Tazdādu Wa Kullu Shay'in `Indahu Bimiqdārin
Traduction (à partir du lexique Lane) :
13 : 8 – Dieu sait ce que porte, charge, transporte chaque femelle, et ce que les matrices (féminin pluriel) absorbent, diminuent et ce qu’elles augmentent, ajoutent. Et toute chose est auprès de Lui par sa mesure.
ٱللَّهُ يَعْلَمُ / Allāhu Ya`lamu / Dieu sait
مَا تَحْمِلُ / Mā Taĥmilu / ce que porte, charge, transporte
كُلُّ أُنثَىٰ / Kullu 'Unthá / chaque femelle,
وَمَا تَغِيضُ ٱلْأَرْحَامُ / Wa Mā Taghīđu Al-'Arĥāmu / et ce que les matrices (féminin pluriel) absorbent, diminuent
وَمَا تَزْدَادُ / Wa Mā Tazdādu / et ce qu’elles augmentent, ajoutent.
وَكُلُّ شَىْءٍ / Wa Kullu Shay'in / Et toute chose
عِندَهُۥ / `Indahu / est auprès de Lui
بِمِقْدَارٍ / Bimiqdārin / par sa mesure.
Dans ce verset, deux réalités distinctes sont évoquées : la femelle et les matrices.
La femelle est décrite comme celle qui porte, transporte et supporte la charge vivante tandis que les matrices, elles, représentent un autre principe : celui des processus internes de maturation, de transformation et d’évolution de ce qui est porté.
Dans ce verset, la distinction est très nette entre la femelle et les matrices : la femelle, كُلُّ أُنثَىٰ kullu unthā, est au féminin singulier et elle est le sujet du verbe مَا تَحْمِلُ mā taḥmilu : c’est elle qui porte, qui charge, qui transporte.
En revanche, ٱلْأَرْحَامُ al‑arḥāmu, les matrices, sont au féminin pluriel et deviennent le sujet des verbes تَغِيضُ taghīḍu et تَزْدَادُ tazdādu : ce sont elles qui absorbent, diminuent, réduisent, puis qui augmentent, ajoutent, transforment.
Le verset sépare donc clairement le principe de la femelle porteuse (singulier féminin) et le principe des matrices transformantes (pluriel féminin), en montrant que ce qui est porté subit une transformation interne régulée par ces matrices, chacune de ces variations étant connue et mesurée auprès de Dieu.
Ainsi, le verset montre que la portée ou la charge n’est pas un état fixe : elle est transformée par les matrices, qui agissent comme un lieu de mesure, de variation et de développement, chaque chose étant régulée selon une mesure déterminée auprès de Dieu.
Conslusion sur les deux versets :
Dans les deux versets, les matrices apparaissent comme un principe central de transformation intérieure. Dans le verset 22:5, elles sont le lieu où ce qui a été déposé à travers les différents attachements successifs demeure, mûrit et se structure selon une mesure.
Dans le verset 13:8, elles sont celles qui absorbent, diminuent, puis augmentent et transforment ce qui est porté.
Dans les deux cas, les matrices ne sont pas un simple réceptacle : elles sont un mécanisme actif qui modifie, régule, fait croître ou réduit, et qui détermine la forme finale de ce qui leur est confié.
Les deux versets renvoient aussi à la terre principe déjà développé dans l’article sur la terre comme matrice principe de développement de ce qui y est déposé.
La terre y symbolise les états de conscience humains du nafs et leurs demeures : elle reçoit, elle transforme, elle assèche, elle revit, elle fait croître.
Les matrices fonctionnent comme cette terre intérieure, où les états déposés se transforment, où le formé et le non formé se distinguent, où la maturation se déroule jusqu’à l’apparition du double rayonnant.
La conclusion commune est que la création spirituelle passe par une matrice qui n’est pas biologique, mais une terre‑demeure du nafs où les qualités et états de conscience se développent, se mesurent et s’accomplissent.
3 ; La lettre se fait chair ; Construction de l’être intérieur :
Le multiple apparaît comme une diffraction organisée de l’unité, comparable à une fractale vivante où chaque niveau reproduit, à sa manière, la signature du principe originel.
Chez certains philosophes, la monade n’est pas un simple élément matériel composant le monde visible ; elle est avant tout un principe invisible de structuration et d’organisation de l’être. La réalité visible n’est que l’expression extérieure d’un ordre plus profond, intérieur et immatériel. Chaque monade contient en elle une représentation du tout, non sous une forme matérielle, mais comme une structure d’information, de perception et d’organisation.
Ainsi, ce qui apparaît dans le monde physique serait la manifestation d’une architecture invisible qui précède et oriente la forme visible dans un principe organisateur caché.
Pour Leibniz, les monades ne sont pas des particules matérielles mais des substances simples, indivisibles et immatérielles constituant la réalité profonde de l’être. Elles forment une architecture intérieure invisible à partir de laquelle le monde visible se manifeste.
Ainsi, ce qui construit véritablement l’être n’est pas la matière elle-même, mais un ensemble de centres internes d’activité et de perception.
Chaque monade possède en elle un principe interne de développement. Elle n’est pas passive : elle contient son propre système, sa propre orientation et son propre état de perception du monde. Leibniz considère que chaque monade reflète l’univers entier selon son point de vue particulier. L’être intérieur n’est donc pas vide ou neutre ; il est structuré par une infinité de perceptions, souvent imperceptibles à la conscience, qu’il appelle les « petites perceptions ».
Ces perceptions invisibles constituent la trame profonde de la conscience, de la mémoire, des tendances et du devenir de l’être.
Et précisément ces perceptions sont l’objet des nissas gardiennes de l’invisible elles doivent maintenir les organes de perception subtile, l’ouïe, la vue liés au cœur dans la demeure divine le sanctuaire inviolable / intouchable (al masjid al haram), et recentrer le regard (la vue) elles doivent Diminuer ou abaisser la vue comme abaisser la voix pour atteindre un état d'humilité intérieur, autrement dit baisser ou diminuer les sens extérieurs symbolisés par la peau dans le Coran et se concentrer sur les perceptions intérieures et subtiles ; celles du cœur.
On pourrait donc rapprocher les nissas des monades, l’unité fondamentale du principe premier et indivisible à l’origine de toute réalité des principes vivants, les gardiennes des perceptions et de la formation de l’être intérieur à travers les sens, elles seraient donc à l’origine du transit de l’information ; à partir de la saisie des sens ; le son, la voix, la vue etc.. jusqu’à se rendre captives dans le sang et dans les chairs, formant les entrailles de l’insan, elles font le passage de l’invisible (les sens) au visible marquant les chairs de celui qui a saisit les informations.
Dans le Coran ces mêmes informations sont traitées comme des éléments de transit qui voyagent symboliquement comme dans un transit intestinal jusqu’aux entrailles de l’être, devenant chair cernée, saisie, marquée par les mémoires et les attributions du nafs, les nissas deviennent alors des éléments de constructions complexes, séparées du tout, elles deviennent chairs captives des sens pour appartenir à celui qui a saisi par la pensée son propre être intérieur appelé proche !
4. Du ciel à la terre / de l’invisible au visible
Sourate An-Nisā' (Les Femmes)
Verset 4:4 -
وَءَاتُوا۟ ٱلنِّسَآءَ صَدُقَٰتِهِنَّ نِحْلَةًۭ ۚ فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَىْءٍۢ مِّنْهُ نَفْسًۭا فَكُلُوهُ هَنِيٓـًۭٔا مَّرِيٓـًۭٔا
Wa 'Ātū An-Nisā' Şaduqātihinna Niĥlatan Fa'in Ţibna Lakum `An Shay'in Minhu Nafsāan Fakulūhu Hanī'āan Marī'āan
"Et produisez aux nissāʾ leurs authenticités (Wa 'Ātū An-Nisā' Şaduqātihinna), attribuée (d’un vers, d’un signe, d’une perception) / désignée / permise /dépourvu de tout égo (Niĥlatan) Si elles deviennent bonnes, agréables, pures pour vous ( فَإِن طِبْنَ لَكُمْ Fa'in Ţibna Lakum) auprès d’une chose provenant de lui (le signe) une essence / une personne ( عَن شَىْءٍۢ مِّنْهُ نَفْسًۭا `An Shay'in Minhu Nafsān). Consommez-le pleinement et intégralement (Fakulūhu Hanī'āan).
Traduction mot à mot avec sens étymologique :
وَآتُوا (wa-ātū) → et présentez / allez à la présence / devenez présent à / approchez le lien / descendez
النِّسَاءَ (an-nisāʾ) → des nissas
صَدُقَاتِهِنَّ (ṣaduqātihinna) → leurs vérités / leur authenticité
نِحْلَةً (niḥlatan) → attribuée (d’un vers) / désignée / accessible en don
فَإِن طِبْنَ (fa-in ṭibna) → alors si elles deviennent bonnes, agréables, pures
لَكُمْ (lakum) → pour vous / à votre profit / destinataires légitimes
عَنْ شَيْءٍ (ʿan shayʾin) → à propos d’une part / une chose
مِّنْهُ (minhu) → provenant de cela / depuis cela (la sadaqa)
نَفْسًا (nafsan) → une âme / une personne / une essence
فَكُلُوهُ (fakulūhu) → Alors prenez-le / consommez-le / intégrez-le pleinement (l’essence)
حَنِيئًا (hanīʾan) → agréable / digeste / productive de jouissance
مَرِيئًا (marīʾan) → salubre / virile (dikhr) / en possession
Le terme نِحْلَةً (niḥlatan) (dictionnaire Alemani)
النَّحْلُ فِي الشِّعْرِ : هُوَ قَوْلُ الشِّعْرِ وَنِسْبَتُهُ إِلَى غَيْرِقَائِلِهِ
an-naḥlu fī ash-shiʿr : huwa qawlu ash-shiʿr wa-nisbatuhu ilā ghayri qāʾilih
Attribuer un poème à quelqu'un d'autre que son auteur : cela fait référence à la composition d'un poème et à son attribution à une personne autre que son véritable auteur.
Le verbe ;
نَحَّلْتُ، أُنَحِّلُ، نَحِّلْ، مصدر تَنْحِيلٌ
naḥḥaltu, unaḥḥilu, naḥḥil, maṣdar tanḥīl
→ J’ai donné / j’attribue ; impératif : donne ! ; nom d’action : tanḥīl (don, attribution).
L'offrande du Rijal :
صَدُقَاتِهِنَّ ṣaduqātihinna : leurs dons authentiques (les perceptions du rappel, de la lettre / le réel)
نِحْلَةً niḥlatan : attribuée (d’un vers) / désignée / permise
En miroir avec le 33.23 qui rappelle que les rijal ont authentifié leur serment.
Habillage du don (lettre / signe) des rijals par les nissas en nourriture (le rizq) :
(فَكُلُوهُ fakulūhu) alors mangez-le / intégrez-le / prenez-le / consommez-le (حَنِيئًا hanīʾan) agréable / digeste / productive de jouissance ( مَرِيئًا marīʾan) salubre / virile (dikhr) / en possession
فَكُلُوهُ (fakulūhu) → alors mangez-le / intégrez-le / prenez-le / consommez-le
Hanīʾ (هَنِيء) = ce qui procure du plaisir, de la douceur, sans arrière-goût désagréable / agréable / digeste / productive de jouissance
Le mot digeste renvoie au ventre, aux entrailles, à l’intérieur.
Marīʾ (مَرِيء) = ce qui passe bien, ne cause pas de mal, se digère sans problème / et bénéfique / salubre / virile (dikhr) / en possession
Synthèse du verset :
Le verset 4:4 décrit le processus de transmission de la ṣaduqah (niḥlah) : un flux confié par les rijāl (la lettre, les signes dénoués et accessibles, aux sens subtiles), qui est ensuite accueilli et revêtu ou identifié par les nissāʾ. Celles-ci en assurent l’habillage en essence pure dans le réseau complexe du principe unitaire vivant, la mise en forme (individuation), dans les entrailles du nafs pour qu’il puisse être intégré purement. Ce nafsan 'essence - personne) représente la portion singulière de l’esprit pur (grâce) divin, transformé en nourriture subtile reçue comme subsistance vivante par le nafs (souffle vital). (voir ici)
On retrouve ici l’idée de certains philosophes sur les monades, selon laquelle l’être ne se construit pas seulement de l’extérieur par accumulation matérielle, mais depuis un système intérieur de perceptions organisées.
Dans cette lecture, les nissāʾ peuvent être comprises comme ce système intérieur de perceptions organisés des monades, elles participent à la construction intérieure de l’être à travers un système invisible de transmission. Elles sont vivantes au sens où elles deviennent des matrices intérieures de transformation, de mise en forme et d’assimilation du réel. Elles représentent des structures de réception et d’individuation par lesquelles l’esprit pur devient substance intégrable dans le nafs.
Ce verset décrit donc précisément ce transit intérieur de l’information, de la saisie des sens à la transformation en substance intérieure de l’esprit pur.
Les rijāl transmettent les ṣaduqāt, c’est-à-dire les vérités authentiques, les lettres authentiques, les signes authentiques, les perceptions du rappel divin, les éléments du réel issus du ḏikr. Mais ces vérités ne deviennent pas immédiatement assimilables. Elles doivent passer par les nissāʾ qui leur donnent une forme, un habillage, une individuation puis ils sont intégrés comme des fruits dans un transit, voyageant entre l’invisible et le visible.
Pour ce faire les nissas deviennent les saisies de la mesure des organes sensoriels subtiles s’enchaînant à la matière devenant captives des sens et rendant manifeste la matière sensorielle.
Le terme نِحْلَةً (niḥlatan) renvoie alors à cette attribution subtile de la saisie des sens : une désignation de la mesure, une transmission revêtue, une mise en forme du réel dans une structure perceptible et assimilable dans la matière, elles deviennent manifestations des sens de l’être et sa propriété, son entité intérieure individuée organisée selon les perceptions de l'individu,
Lorsque les nissāʾ rendent pure, bonne et harmonieuse une portion issue de cette vérité, celle-ci peut être “mangée”. On retrouve ici le vocabulaire digestif en rapport avec les entrailles de l’être et ce qu’il absorbe : حَنِيٓـًۭٔا (hanīʾan) et مَّرِيٓـًۭٔا (marīʾan) renvoient à une nourriture qui traverse l’intérieur sans corruption, devenant bénéfique et incorporée au vivant ou à la chair captive. Le réel assimilé devient alors chair intime et provision intérieure.
Les nissāʾ transforment donc les perceptions du réel en chair intérieure. Elles deviennent les matrices invisibles par lesquelles le sens descend dans les entrailles du nafs afin d’être intégré comme subsistance vivante. Elle transforme intérieurement ce qu’elle reçoit pour produire une réalité cohérente. Le monde visible n’est alors que l’expression extérieure d’un système invisible coordonné par les nissas c'est-à-dire les demeures (les identités égoiques) qui ont manifesté le verbe, la lettre ou le signe.
Dans cette perspective, les nissāʾ ressemblent à des monades parce qu’elles opèrent dans l’invisible tout en produisant les formes manifestes et visibles de l’être. Ce qui est reçu sous forme de signe, de verset ou de perception devient progressivement substance intérieure, puis s’assimile à la chair subtile de l’être et à la construction du nafs, en d'autres termes elles deviennent la demeure intérieure ou le monde intérieur.
Elles sont les interfaces entre l’invisible et le visible, entre le rappel (ḏikr) et l’être (nafs), entre le signe et la subsistance / substance intérieure, entre les perceptions et l’identité.
5. Le transit de la lettre ou de la parole ;
Sourate 33 AL-AHZAB / LES COALISÉS
Version arabe classique du verset 53 de la sourate 33 :
يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَا تَدْخُلُوا۟ بُيُوتَ ٱلنَّبِىِّ إِلَّآ أَن يُؤْذَنَ لَكُمْ إِلَىٰ طَعَامٍ غَيْرَ نَٰظِرِينَ إِنَىٰهُ وَلَٰكِنْ إِذَا دُعِيتُمْ فَٱدْخُلُوا۟ فَإِذَا طَعِمْتُمْ فَٱنتَشِرُوا۟ وَلَا مُسْتَـْٔنِسِينَ لِحَدِيثٍ إِنَّ ذَٰلِكُمْ كَانَ يُؤْذِى ٱلنَّبِىَّ فَيَسْتَحْىِۦ مِنكُمْ وَٱللَّهُ لَا يَسْتَحْىِۦ مِنَ ٱلْحَقِّ وَإِذَا سَأَلْتُمُوهُنَّ مَتَٰعًا فَسْـَٔلُوهُنَّ مِن وَرَآءِ حِجَابٍ ذَٰلِكُمْ أَطْهَرُ لِقُلُوبِكُمْ وَقُلُوبِهِنَّ وَمَا كَانَ لَكُمْ أَن تُؤْذُوا۟ رَسُولَ ٱللَّهِ وَلَآ أَن تَنكِحُوٓا۟ أَزْوَٰجَهُۥ مِنۢ بَعْدِهِۦٓ أَبَدًا إِنَّ ذَٰلِكُمْ كَانَ عِندَ ٱللَّهِ عَظِيمًا
Phonétique :
Yā 'Ayyuhā Al-Ladhīna 'Āmanū Lā Tadkhulū Buyūta An-Nabīyi 'Illā 'An Yu'udhana Lakum 'Ilá Ţa`āmin Ghayra Nāžirīna 'Ināhu Wa Lakin 'Idhā Du`ītum Fādkhulū Fa'idhā Ţa`imtum Fāntashirū Wa Lā Musta'nisīna Liĥadīthin 'Inna Dhālikum Kāna Yu'udhī An-Nabīya Fayastaĥyi Minkum Wa Allāhu Lā Yastaĥyi Mina Al-Ĥaqqi Wa 'Idhā Sa'altumūhunna Matā`āan Fās'alūhunna Min Warā'i Ĥijābin Dhālikum 'Aţharu Liqulūbikum Wa Qulūbihinna Wa Mā Kāna Lakum 'An Tu'udhū Rasūla Allāhi Wa Lā 'An Tankiĥū 'Azwājahu Min Ba`dihi 'Abadāan 'Inna Dhālikum Kāna `Inda Allāhi `Ažīmāan
Ô vous ceux qui êtes assurés n’entrez pas, ne pénétrez pas les demeures du nabi (prophète) sauf qu’il
vous soit consenti, entendu, informé l’entrée vers un nourriture / repas
sans être ceux qui attendent, guettent, observent, font face à Son temps, son heure, sa maturation, sa cuisson (de la nourriture).
Cependant lorsque vous êtes appelés, invités alors entrez, pénétrez
puis lorsque Vous avez mangé Alors dispersez-vous / « répandez-vous / diffusez-vous, déployez-vous »
et ne vous familiarisez pas, ne devenez pas compagnonable pour un hadith / une innovation
Certes cela était une cause de tort / nuisance, blessure, dommage au NABI alors il s’abstient de rendre vivant, de donner un mouvement de vie, d’animer (la lettre) À partir de vous
et Allah Ne s’abstient pas de rendre vivant, de donner un mouvement de vie, d’animer, de saisir (le hadith) depuis le réel,
et lorsque vous leur demandez une jouissance ou une propriété, une saisie (aux nissas) alors demandez-leur depuis Derrière ce qui dissimule, ce qui sépare les deux mondes (après purification du voile) cela est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs (des nissas)
et ne faites pas pour vous que le messager d’Allah soit une cause de tort ou de nuisance
et ne vous mélangez pas à ses doubles depuis Après lui (les doubles du rassul) /depuis l’éloigné jamais (ne vous mélangez pas à ce qui est saisi par autre que Dieu)
certes cela est auprès d’Allah un tord immense
Précisions sur le mot نَبِىْءٌ → nabīʾun : dictionnaire lane voir ici ;
Racine ن ب أ NBA nabi prophète ;
Le prophète ; نَبِىْءٌ → nabīʾun
Signifie Un prophète : du schème فَعِيلٌ → faʿīl utilisé dans le sens de مُفْعِل → mufʿil, ou فَاعِل → fāʿil ou مَفْعُول → mafʿūl ; c’est-à-dire, celui qui informe les hommes, ou qui est informé concernant Dieu et les choses invisibles ;
- ou selon certains, dérivé de نَبْوَةٌ → nabwah et نَبَاوَةٌ → nabāwah signifiant « élévation » ; dans ce cas, il est originellement sans ء ;
- ou, selon d’autres, dérivé de نَبِىْءٌ → nabīʾun dans un sens donné ci-dessous, celui de « chemin évident ».
Diminutif : نُبَيّئٌ → nubayyʾu, ou نُبَىٌّ → nubayy.
- Un Arabe du désert dit à Moḥammad : يَا نَبِىْءَ ٱللّٰهِ → yā nabīʾa llāh, et celui-ci désapprouva la prononciation avec ء, car cela signifiait un émigrant, et il voulait par cela l’appeler un émigrant de La Mecque vers Médine. (celui qui émigre de terre / celui qui transforme sa terre)
- نَبِىْءٌ → nabīʾun Un chemin évident, clair.
- نَبِىْءٌ → nabīʾun et نَابِئٌ → nābiʾun ; Un lieu élevé, ou protubérant (les hauteurs) ; Ainsi il est dit dans un hadith : لَا تُصَلُّوا عَلَى النَّبِىْءِ → lā tuṣallū ʿalā an-nabīʾi Priez non sur un endroit élevé, ou protubérant.
Le nabi est sur un lieu élevé en hauteur et sur un chemin clarifié, évident, il fait migrer des terres basses aux terres hautes. (du batin au coeur)
L'information نَبَأٌ → nabaʾun
Information ; une information ; une nouvelle ; une annonce ; des nouvelles ; un compte rendu ; un récit ; une narration ; une histoire : ou ce qui est rapporté d’un autre ou d’autres : syn. خَبَرٌ → khabarun
signifie aussi une annonce d’une grande utilité, dont résulte soit une connaissance soit une prédominance d’opinion, et véridique ; pluriel أَنْبَآءُ → anbaʾu.
Signifie les allégations, arguments, ou excuses.
Le verbe forme I ; نبأ (nabaʾa) ;
- celui qui émet une voix basse ou un son (parabole de la parole divine), exalté, élevé, celui qui émigre fait passer d’un état (invisible) à un autre état (visible)
نَبَأَ عَلَيْهِمْ (nabaʾa ʿalayhim), signifie ; Il les attaqua ; est sorti sur eux : comme نَبَعَ (nabaʿa) et نَبَهَ (nabaha) : il est tombé sur eux (le témoin)
- نَبَأَ (nabaʾa) Il partit d'un pays vers un autre pays. (celui qui émigre de terre ; se transforme)
- نَبَأَتْ بِهِ الأَرْضُ (nabaʾat bihi al-arḍu) citation جَآءَتْ به (jāʾat bihi), La terre l'a amené ou l'a conduit : [accord. à Golius, La terre l'a apporté ou produit : mais c'est une expression bien connue des savants comme semblable à نَادَاهُ تُرَابُهُ (nādāhu turābuhu) « sa poussière, ou terre, (c'est-à-dire le lieu de son enterrement) l'a appelé
(production de la parole sur la terre = manifestation de la parole)
Le verbe نَبَأَ (nabaʾa) révèle le mouvement de migration / transit des terres basses aux terres hautes.
Plus précisément dans ce verset ;
On retrouve ici la permission divine comme principe d’accès aux demeures élevées qu’Allah a établies, lesquelles correspondent à l’état du Nabi compris comme structure d’accessibilité du message et des signes, les demeures structurées par les nissas / monades / demeures du nabi. On retrouve dans la défintion de nabi du lexique l'idée de نَبِىْءٌ → nabīʾun et نَابِئٌ → nābiʾun ; Un lieu élevé, ou protubérant ou dans les hauteurs, qui rappelle les maisons élevées des rijal (« Dans des demeures qu’Allah a permis d’élever et où Son Nom est constamment rappelé ; s’y trouvent des rijal qui Le glorifient matin et soir… » (24:36) ) et la hauteur dans " Les al‑aʿrāf (الأعلى) « les hauteurs » signifiant « sommet », « bord », ou « haut »., par extension : seuil, point d’observation élevé, espace-limite Verset (Al-Aʿrāf 7:46) (voir rijal et nissa)
Le nabi situé au seuil comme le rijal est symboliquement l'état ou se permet le transfert de la parole ; il est celui qui émet une voix basse ou un son (parabole de la parole divine), exalté, élevé, celui qui fait émigrer et fait passer d’un état (les terres basses / batin) à un autre état (les terres hautes / les hauteurs = Al-Aʿrāf). Et celui qui informe ou donne forme grâce à la connaissance, celui qui émet le son et la forme germe de la demeure / nissa du nabi.
L’entrée dans cet espace n’est pas libre mais conditionnée, ce qui indique que l’accès au champ du sens passe par une autorisation et non par une appropriation spontanée.
Le verset précise ensuite une modalité essentielle de cet accès : ne pas être dans la posture de ceux qui attendent, guettent ou observent le temps de maturation du processus, son heure ou sa “cuisson”. Cette mention indique que l’entrée ne doit pas se faire depuis un rapport d’anticipation et ceux qui restent dans cette posture d’attente différée sont symboliquement placés en position dernière, après que la transformation de la parole ait eu lieu.
La position attendue serait celle des rijal positionnée au seuil, en observateur des mondes ; terres basses (batin) et terres hautes (al araf) dans la connaissance élevée et non dans le différé du message.
On retrouve ici, le vocabulaire du repas et de la nourriture indique que le message suit un processus de transit comparable à une digestion du sens. La parole passe par les nissas du nabi comme structures de transformation, l’entité vivante principe premier, où elle est intégrée et rendue assimilable puis expansée.
Le verset introduit ensuite la familiarité et le compagnonnage pour un hadith comme un risque de nuisance pour le nabi, comme au verset 6;119, indique un risque de connexion rompue sous l’effet des désirs et penchants dénués de connaissance et l’acte de se nourrir devient alors un vecteur d’altération et une porte d’accès au déséquilibre et à l’égarement par un processus d’accoutumance et de familiarisation.
Dans le dictionnaire Lane on trouve pour un hadith signifie nouveau, récent contraire de قَدِيمٌ qadīmun (= ancien, vieux, antérieur), quelque chose ayant, ou ayant eu, un commencement ou quelque chose existant nouvellement, pour la première fois, n’ayant pas été auparavant, quelque chose amené à l’existence, ou accompli, nouvellement, pour la première fois, n’ayant pas été auparavant ; commencé, ou originaire ; inventé ; innové synonyme de خَبَرٌ khabarun [Information ; une information ; intelligence ; annonce ; nouvelles ; un récit ; une histoire ; etc.]
Dans le verset 33.53 ; Le hadith est donc une nuisance un risque de dommage et de blessure du nabi (de la transmission) alors le nabi s’abstient de le rendre vivant tandis que Allah ne s’abstient pas de le rendre vivant par les nissas. « Ne s’abstient pas de rendre vivant, de donner un mouvement de vie, d’animer, de saisir depuis le réel » autrement dit Allah ne s’abstient pas de le faire chair (le hadith).
Le verset évoque ensuite la demande d’une propriété ou d’une possession ou d’une jouissance auprès des nissas ; demeures du nabi. C’est dans ce cadre que la saisie des nissas prend place, comme moment où le sens passe dans un processus d’organisation intérieure permettant le transit Du message dans la chair qui saisit le sens (les organes de perception subtile) et où la nissa, issue du principe premier unifié devient une substance vivante organisatrice d’un système intérieur, elle devient saisie par les sens de la lettre intérieurement, puis propriété de l’être qui saisit (le mumin) et elle diffuse un esprit vivant qui consitue la demeure du nabi à la fois structurante et harmonisant dans l’être.
La saisie n’est donc possible qu’après purification du voile intérieur qui ouvre l’accès à un mode de réception où le message peut être capté dans sa dimension réelle, du cœur des nissas du nabi (les demeures du nabi), aux cœurs des mumins, ce qui correspond à une suspension des sens extérieurs symbolisés par la peau comme lieu de fixation, pour saisir le rassul / le messager par les sens subtiles internes des nissas du nabi (demeures du nabi) et des mumins.
La fin du verset préconise de ne pas faire du messager une cause de tord en se mélangeant à une doublure du messager venu après lui c’est à dire un messager qui n’est pas envoyé de Dieu. Ceci est une cause de tord immense auprès de Dieu.
En conclusion ; ce qu’il faut comprendre :
Rappel sur la cognition et saisie des sens :
Le cerveau humain repose sur un ensemble de fonctions cognitives interconnectées qui permettent à l’être de percevoir son environnement, communiquer, mémoriser, apprendre, raisonner et agir de manière adaptée.
Ces fonctions ne travaillent jamais de façon isolée mais forment un système organisé où chaque capacité soutient et influence les autres.
L’attention constitue l’un des premiers fondements de cette organisation cognitive. Elle permet à l’individu de rester alerte face à son environnement, de maintenir une concentration suffisante dans le temps et de sélectionner une information malgré la présence de distractions.
Elle rend également possible le partage des ressources mentales entre plusieurs tâches simultanées. Sans attention suffisante, les autres fonctions cognitives perdent en efficacité, notamment la mémoire et les fonctions exécutives, car une information mal perçue ou insuffisamment traitée sera difficilement retenue ou exploitée.
Les fonctions exécutives agissent comme un système de coordination générale des activités mentales. Comparées à une tour de contrôle, elles permettent d’orienter les comportements vers un objectif précis tout en régulant les autres fonctions cognitives.
La mémoire de travail maintient temporairement l’information active afin de raisonner, comprendre ou effectuer des opérations mentales complexes. L’organisation et la planification permettent d’anticiper les étapes nécessaires à une action, d’établir des priorités et d’utiliser des stratégies adaptées. L’inhibition agit comme un filtre qui empêche les réponses impulsives ou les distractions d’interférer avec l’action en cours.
La flexibilité mentale rend possible l’adaptation à la nouveauté et aux changements, tandis que le jugement permet d’évaluer les solutions les plus appropriées selon les objectifs, les valeurs et les règles sociales. L’autocritique complète cet ensemble en donnant à l’individu la capacité d’évaluer ses propres comportements, ses limites et ses capacités.
Les fonctions intellectuelles regroupent quant à elles les capacités de raisonnement verbal et visuel, la vitesse de traitement de l’information. Elles permettent l’analyse, la compréhension, l’abstraction et l’élaboration de connaissances.
La lecture illustre particulièrement cette complexité intellectuelle puisqu’elle mobilise plusieurs voies de décodage, soit la reconnaissance des graphèmes traduits en sons, soit la reconnaissance globale et immédiate des mots à travers leur forme et leur contexte.
Les fonctions visuo-spatiales permettent de situer les objets dans l’espace, d’évaluer les distances, les orientations et les mouvements. Elles rendent possible l’orientation dans l’environnement et la construction d’une représentation cohérente du monde physique.
Défintion de la gnosie (dans la cognition) ;
On appelle gnosie la capacité du cerveau à reconnaître, identifier et donner du sens à une perception sensorielle en l’associant à une connaissance déjà enregistrée dans la mémoire.
Le terme gnosie provient de la même racine que gnose en grec γνώσις (gnôsis), qui signifie « connaissance », « fait de connaître », « perception par la connaissance ».
Gnose (gnôsis) désigne une connaissance profonde, intérieure ou spirituelle, souvent associée à une compréhension cachée ou initiatique du réel.
Gnosie, en neurologie et en neuropsychologie, a conservé l’idée fondamentale de « reconnaissance par la connaissance ». Le terme désigne la capacité du cerveau à reconnaître ce qui est perçu grâce aux connaissances déjà enregistrées en mémoire.
Autrement dit, dans la gnosie, la perception sensorielle seule ne suffit pas : il faut une reconnaissance intérieure du sens de ce qui est perçu. Voir un objet n’est pas encore une gnosie ; le reconnaître comme étant une chaise, un visage ou une lettre fait intervenir la gnosie.
La gnosie est donc la capacité de l'esprit à reconnaître, identifier et donner du sens à une information perçue par les sens. Elle correspond à la sensation elle-même, et à l’interprétation de cette sensation, sentiment, ressenti.
Grâce aux gnosies, un être humain peut reconnaître un visage, identifier un objet, distinguer une voix ou reconnaître une texture au toucher. Les gnosies reposent donc sur l’association entre une perception sensorielle et une représentation mémorisée.
On distingue notamment les gnosies visuelles (reconnaissance par la vue), auditives (par les sons) et tactiles (par le toucher). prolongent cette capacité perceptive en assurant la reconnaissance des objets à travers les différents sens.
L’être humain peut ainsi identifier une forme par la vue, reconnaître un son ou distinguer un objet par le toucher. Cette reconnaissance ne dépend pas uniquement de la perception sensorielle brute mais aussi de l’interprétation cérébrale qui associe les informations reçues à des représentations déjà connues.
Le langage constitue également une fonction cognitive majeure reposant sur des capacités réceptives et expressives.
Les habiletés réceptives permettent de comprendre le langage parlé ou écrit grâce au décodage des mots et à la compréhension des structures syntaxiques. Les habiletés expressives concernent la production du langage, la dénomination, l’articulation, la fluidité verbale, l’intonation et l’organisation grammaticale. Le langage écrit mobilise quant à lui des mécanismes complexes de lecture et d’écriture. La lecture peut s’effectuer par décomposition phonétique des graphèmes ou par reconnaissance globale des mots à travers leur forme et leur contexte. L’écriture exige la maîtrise de l’orthographe, de la syntaxe, de la ponctuation et de l’organisation cohérente du discours.
La mémoire représente un autre pilier fondamental du fonctionnement cognitif. La mémoire épisodique permet de conserver les événements vécus avec leur contexte temporel et spatial. Elle repose sur trois étapes principales : l’encodage de l’information, sa consolidation dans la mémoire à long terme puis sa récupération ultérieure.
Ces processus dépendent fortement de l’attention, des stratégies utilisées et de certains états psychologiques comme la motivation ou l’anxiété. La mémoire peut concerner les événements passés à travers la mémoire rétrospective ou les intentions futures avec la mémoire prospective.
D’autres formes de mémoire existent également, comme la mémoire sémantique qui stocke les connaissances générales indépendamment d’un contexte précis, ou la mémoire procédurale qui permet l’automatisation progressive des savoir-faire acquis par la pratique.
Les praxies (les mains) correspondent aux capacités d’exécuter volontairement des gestes simples ou complexes, d’organiser des séquences motrices ou encore de construire et dessiner des objets. Elles traduisent la coordination entre perception, planification et mouvement.
Enfin, la vitesse de traitement de l’information reflète le rythme auquel le cerveau déclenche et exécute les différentes opérations mentales. Elle influence l’ensemble des fonctions cognitives puisqu’elle conditionne la rapidité avec laquelle l’individu peut percevoir, analyser, mémoriser et répondre aux informations provenant de son environnement.
Dans le Coran ;
Dans le Coran, l’expression بِٱلْمَعْرُوفِ bil‑maʿrūf revient souvent à propos des nissāʾ.
Dans les versets ;
- 1. Sourate 2, verset 228
وَلَهُنَّ مِثْلُ ٱلَّذِى عَلَيْهِنَّ بِٱلْمَعْرُوفِ wa lahunna mithlu alladhī ʿalayhinna bil‑maʿrūf « Elles ont ce qui est équivalent à ce qu’elles doivent, selon ce qui est connu / reconnu. »
traduit par ; conformément à la bienséance
- 2. Sourate 2, verset 231
فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ fa‑amsikūhunna bi‑maʿrūf « Retenez‑les selon ce qui est connu / reconnu. »
traduit par ; conformément à la bienséance
- 3. Sourate 2, verset 232
إِذَا تَرَاضَوْا بَيْنَهُم بِٱلْمَعْرُوفِ idhā tarāḍaw baynahum bil‑maʿrūf « Lorsqu’ils se sont accordés entre eux selon ce qui est connu / reconnu. »
traduit par ; conformément à la bienséance
- 4. Sourate 4, verset 19
وَعَاشِرُوهُنَّ بِٱلْمَعْرُوفِ wa ʿāshirūhunna bil‑maʿrūf « Vivez avec elles selon ce qui est connu / reconnu. »
traduit par ; convenablement
- 5. Sourate 60, verset 12
وَلَا يَعْصِينَكَ فِى مَعْرُوفٍ wa lā yaʿṣīnak(a) fī maʿrūf « Et qu’elles ne te désobéissent pas dans ce qui est connu / reconnu. »
traduit par ; en ce qui est convenable
Cette expression est systématiquement traduite par « bienséance », « convenablement », « ce qui est convenable », alors que le mot مَعْرُوف maʿrūf signifie littéralement « le connu », « le reconnu », « ce qui est établi par la connaissance ». Il est le contraire de مَجْهُول majhūl, l’inconnu, le non identifié. Il appartient au même champ sémantique que عَرْف ʿarf, « ce qui est perçu et reconnu par l’esprit », et que عُرْف ʿurfun, « le connu », ainsi que les dérivés : عارف ʿārif, « celui qui connaît », et معرفة maʿrifa, « la connaissance ». Ainsi, maʿrūf n’est pas une norme morale mais un état de connaissance, une gnosie reconnue.
Dans ces versets, la relation aux nissāʾ est toujours régulée « par le connu », بِٱلْمَعْرُوفِ bil‑maʿrūf, c’est‑à‑dire selon ce qui est reconnu par la connaissance intérieure.
Ainsi, tous ces versets parlent de la connaissance : ils indiquent que la relation, la séparation, la reprise, l’accord ou la conduite envers les nissāʾ doit se faire selon ce qui est reconnu par la connaissance intérieure, par la معرفة maʿrifa. Ils ne parlent pas de bienséance morale mais de conformité à un état de connaissance établi. Le terme مَعْرُوفٌt (maʿrūfun) signifie connaissance par les gnosies (la connaissance intérieure), et les versets montrent que les nissāʾ doivent être traitées, retenues ou séparées selon ce qui est reconnu par cette connaissance intérieure ce qui évoque la clarification (le bayyin).
Ce qu'on peut comprendre c'est que tous les composants de la gnosie (éléments de perception) sont à l’origine des éléments neutres issus d’un champ primordial unifié (le dépôt) avant leur différenciation dans les structures perceptives de l’être. Ils apparaissent d’abord comme des potentiels divins non encore individualisés, comparables à une énergie non marquée, non attribuée et non encore cernée par les mécanismes de saisie sensorielle et mémorielle.
Ces éléments peuvent être compris comme les يَتَامَىٰ (yatāmā), ces derniers possèdent des biens, ou des propriétés dont la consommation est régulée dans le verset 4.2 , c’est-à-dire des structures encore indifférenciées, non identifiées, non rattachées à une forme germée stable dans l’expérience consciente mais contenant les potentiels de la substance originelle. Ils existent dans un état de disponibilité première avant d’être capturés, organisés et intégrés dans les réseaux de perception de إِنسَان (insān).
Lorsque ces potentiels entrent dans le champ des sens, ils commencent alors un processus de différenciation. Les organes sensoriels dans la représentation du Coran ne sont pas des organes passifs qui se limitent à recevoir une information brute mais transforment un flux premier (les يَتَامَىٰ (yatāmā) en organisant sa structuration interne, de son orientation et à son inscription dans la mémoire par les mesures (dimentionnelles) capturées de l'être.
Ces saisies par les organes des sens (les chairs de perception) seraient les nisāʾ (نِسَاء) capables d'avoir accès aux gnosies ou aux perceptions intérieures qui deviennent ainsi les formes saisies, identifiées et réappropriées par les sens de l'être et qui passent d'une dimension originelle à une dimension égoïque psychique interne constituant la demeure ou l'état stationnaire de l'être intérieur, leur séparation ou le détachement du lien - le طَلَاقٌ ṭalāqun - et leur retenue ou conservation إِمْسَاك imsāk devient alors un détachement de gnosies, de perceptions intérieures ou la retenue par la connaissance intérieure.
Les nissas constituent donc les structures intermédiaires par lesquelles l’énergie du champ primordial devient prisonnière de l'expérience vécue humaine, représentation intérieure de l'égo et de la substance cognitive. La perception correspond donc à une transformation progressive du potentiel invisible en substance de la réalité psychique individuelle intégrée par les sens.
Dans cette dynamique, la gnosie (la capacité de l'être à reconnaître, identifier et donner du sens à une perception sensorielle) prend une importance particulière puisqu’elle représente précisément le moment où une perception devient reconnaissance et forme. Ce qui était encore indéterminé acquiert une forme identifiable dans la conscience grâce à l’association entre sensation, mémoire et interprétation qui constitue le marquage ou le moment où est identifié le flux primordial (monade).
Les nissāʾ apparaissent alors comme des matrices de reconnaissance et d’individuation : elles donnent un visage, une structure, une construction dimensionnelle aux flux sensoriels issus du réel. Chaque perception intégrée transporte avec elle une trace, une empreinte et une orientation qui viennent enrichir la structure intérieure de l’être, ce qui est dit "acquis" comme une acquisition des sens dans le verset 2.225 ;
Dieu ne saisit pas par la chute / descente dans vos serments à Dieu / vos droites / votre bonne fortune, votre bonheur mais Il vous saisit de ce que vos cœurs ont acquis / gagné / produit / attiré (de subsistance) et Dieu est pardonneur patient.
La mémoire elle-même peut alors être comprise comme une accumulation de formes (pensées) saisies par le propriétaire - بَعْل baʿl - des nissas ou des gnosies.
Elles deviennent dès lors des structures de transit entre le potentiel invisible et la formation concrète du nafs. Elles assurent le passage du non-manifesté vers le manifesté, du neutre vers le qualifié, du champ unifié vers la multiplicité des représentations conscientes.
Et donc, une même réalité issue du champ primordial peut produire des constructions intérieures différentes selon la manière dont elle a été reçue, filtrée et assimilée, c'est là qu'interviennent les voiles des nissas qui servent de filtre de perception (voir rijal et nissa).
Les fonctions cognitives elles-mêmes peuvent être relues dans cette logique. L’attention sélectionne les flux qui seront saisis (dans l'iman / la croyance) comme dans le verset 49.7 Les gnosies leur donnent donc une reconnaissance
Et sachez que le Messager d'Allah est parmi vous. S'il vous obéissait dans maintes affaires, vous seriez en difficultés. Mais Allah vous a fait aimer la foi et l'a embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance. Ceux-là sont les bien dirigés,
Les fonctions exécutives organisent leur traitement, la mémoire les consolide et les praxies (les mains : أَيْدٍ / أَيْدِي (aydٍ / aydī) ) les transforment en action physique qui sont les oeuvres الأعمال al‑aʿmāl.
L’ensemble du système cognitif devient alors un processus de capture, d’organisation et d’intégration de ces éléments premiers qui constituent la connaissance pour accomplir en fin de processus les oeuvres.
Ce qui était une énergie indifférenciée provenant du champ de potentiel devient progressivement chair psychique localisée et connaissance dans l'espace des formes pensées et dans un espace temps autonome, formant une représentation intérieure et une mémoire vivante inscrite dans les profondeurs du nafs ; (le batin).
Verset 4.2
وَءَاتُوا۟ ٱلْيَتَٰمَىٰٓ أَمْوَٰلَهُمْ ۖ وَلَا تَتَبَدَّلُوا۟ ٱلْخَبِيثَ بِٱلطَّيِّبِ ۖ وَلَا تَأْكُلُوٓا۟ أَمْوَٰلَهُمْ إِلَىٰٓ أَمْوَٰلِكُمْ ۚ إِنَّهُۥ كَانَ حُوبًۭا كَبِيرًۭا
Wa 'Ātū Al-Yatāmá 'Amwālahum Wa Lā Tatabaddalū Al-Khabītha Biţ-Ţayyibi Wa Lā Ta'kulū 'Amwālahum 'Ilá 'Amwālikum 'Innahu Kāna Ĥūbāan Kabīrāan
Et produisez aux Yatāmá (orphelins) leurs biens et ne substituez pas la corruption au tayb (l’esprit bon) et ne mangez pas leurs biens vers vos biens
c'est vraiment un grand péché.
Verset 4.10
إِنَّ ٱلَّذِينَ يَأْكُلُونَ أَمْوَٰلَ ٱلْيَتَٰمَىٰ ظُلْمًا إِنَّمَا يَأْكُلُونَ فِى بُطُونِهِمْ نَارًا وَسَيَصْلَوْنَ سَعِيرًا
'Inna Al-Ladhīna Ya'kulūna 'Amwāla Al-Yatāmá Žulmāan 'Innamā Ya'kulūna Fī Buţūnihim Nārāan Wa Sayaşlawna Sa`īrāan
Certes ceux qui mangent les biens des orphelins (les biens du dépôt / du vivant) injustement Assurément ils mangent dans leur ventre le feu. Et Ils brûleront / ils entreront dans le feu / ils demeureront dans le feu du foyer / du creuset / du four allumé.
Verset 4.13
تِلْكَ حُدُودُ ٱللَّهِ وَمَن يُطِعِ ٱللَّهَ وَرَسُولَهُۥ يُدْخِلْهُ جَنَّٰتٍ تَجْرِى مِن تَحْتِهَا ٱلْأَنْهَٰرُ خَٰلِدِينَ فِيهَا وَذَٰلِكَ ٱلْفَوْزُ ٱلْعَظِيمُ
Tilka Ĥudūdu Allāhi Wa Man Yuţi`i Allāha Wa Rasūlahu Yudkhilhu Jannātin Tajrī Min Taĥtihā Al-'Anhāru Khālidīna Fīhā Wa Dhalika Al-Fawzu Al-`Ažīmu
Telles sont les limites de Dieu. Et quiconque obéit à Dieu et à Son messager, Il le fera entrer arboressent protégé, dissimulé, caché, armaturé (l'arboressence du paradis = jannatin) circulant (échangeant) depuis ses dessous (batin) les flux, Ils demeureront éternellement dans elle (jannatin) et voilà la grande réussite.
Sourate 6 An’nam Les bestiaux
Verset 14
Dis: « Devrais-je prendre pour allié autre qu'Allah, le Créateur des cieux et de la terre ?
C'est Lui qui nourrit et personne ne Le nourrit.
Dis: « On m'a commandé d'être le premier à me soumettre. »
Et ne sois jamais du nombre des associateurs.
La suite "Les nourritures permises" ici : https://lecoranvivant.wordpress.com/les-nourritures-permises/
Date de dernière mise à jour : 26/08/2026
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