Le concept de témoignage a été interprété à travers les exégèses du Coran, au regard d'un prisme juridique, moral ou social. Le témoin et son acte de témoigner y sont envisagés comme des fonctions humaines, conditionnées par les circonstances, les normes collectives et les rapports de pouvoir. Dans cette approche, le témoin devient alors un outil de régulation sociale, un instrument de contrainte, de contrôle, voire de manipulation, ce qui le rend fondamentalement incompatible aux principes du témoin coranique.
Cet article se propose de mettre en lumière la véritable nature du témoin et du témoignage dans le Coran, en particulier à la lumière des versets qui mentionnent les quatre témoins requis (4:15, 24:4, 24:13 et 24:6). Ces passages ont souvent été appréhendés selon une logique de législation humaine, fondée sur la présence physique et témoignage oculaire. Or le témoignage coranique renvoie à un processus d’établissement du témoin bien plus profond qui déploie la trame même par laquelle la vérité absolue se déploie et se manifeste.
Le Coran établit que le principe de témoignage relève d'un processus divin et aucun être ne pourrait revêtir l’habit du témoin qu’en regard d’un référentiel céleste sauf par le mensonge. Dans cette perspective, le témoin coranique ne pourrait être assujetti à l’aléatoire humain, il n’est ni arbitraire, ni le produit de la subjectivité humaine ou des fluctuations de l’égo.
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